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Harcelé et poussé à bout parce qu’il était végane, un adolescent se serait suicidé

Un collégien de 12 ans qui faisait l’objet d’intimidations et d’injures de la part de ses camarades parce qu’il était végane, se serait suicidé à son domicile.

Un jeune irlandais de 12 ans s’est pendu, le 19 janvier dernier, dans la salle de bain du domicile familial à Waterford. L’enfant aurait pu mettre fin à ses jours après avoir subi des intimidations et des injures par des camarades dès son arrivée dans l’établissement Richard Hale, à Hertford.

Les parents de Louie Tom Fenton ont été entendus, ce 28 septembre, par la Cour du Coroner* de Hertfordshire, à Hatfield sur les discriminations qu’il subissait.

Jet de viande en plein visage

Au cours de l’audience, on apprend que les élèves ont jugé que Louie était « anormal » du fait qu’il était végétalien et lui lançaient des morceaux de viande en plein visage au moment des repas pris à la cantine. La violence de ce geste répétitif était telle qu’il prenait son déjeuner à l’extérieur. Il s’était également mis à fumer abondamment pour faire face aux humiliations quotidiennes générant un important stress.

Malgré les allers et venues de Catherine Fenton, la mère du garçon, aux abords de l’école, « les intimidations n’ont jamais cessé », a-t-elle affirmé au cours de l’audience.

L’enquête révèle que Louie s’était également « accroché » avec des élèves plus âgés que lui.

Et détail qui fait froid dans le dos, le dossier informe que l’enfant était un membre des scouts de la mer de Hertford où il apprenait à faire nœuds avec des cordes.

L’établissement scolaire n’a « jamais été informé »

Dans une lettre écrite pour les besoins de l’enquête et lue au tribunal, Catherine Fenton expliquait que son fils « se faisait embêter tout le temps, il a eu de nombreux rendez-vous avec le conseiller et a commencé à s’auto-mutiler », a-t-elle expliqué.

Son père Graeme a écrit au coroner pour lui faire part de son avis selon lequel son fils ne se serait pas suicidé et pense plutôt à un accident pendant qu’il s’entraînait à faire des nœuds.

Enfin, les parents affirment que le jour de sa mort, Louie était redevenu pourtant enjoué et de bonne humeur. Jamais ils n’ont soupçonné que leur fils pouvait être si déprimé au point de mettre fin à ses jours.

De son côté, Stephen Neate, le directeur de l’établissement scolaire avoue qu’il avait conscience du mal-être de l’adolescent et faisait en sorte de régler le problème avec l’aide de sa famille, mais affirme que « jamais [ils n’ont] été informés que Louie recevait de la viande en plein visage (…) cela n’a jamais été rapporté à aucun membre du personnel, ni par aucun de ses amis et ni même par sa mère »

Si la cause du décès du jeune homme reste floue, le coroner ne privilégie pas la thèse du suicide. En effet, aucune preuve ne vient étayer clairement que Louie avait l’intention de se supprimer et ni aucune note qui pourrait expliquer son geste n’a été retrouvée.

En mémoire de leur fils, les parents de Louie ont mis en place une page JustGiving pour recueillir des fonds pour la Sea Life Trust, une association qui se bat pour la conservation de la vie marine. Une des causes qu’il défendait.

Les parents assuraient sur cette page qu’au lieu de fleurs pour ses obsèques, Louie aurait préféré une contribution pour cette association.

À ce jour, près de 2.730 € ont été récoltés.

Un cas identique en France

Ce type de harcèlement scolaire qui semble relever de la végéphobie est loin d’être un cas isolé. Plus proche de nous, en France, souvenons-nous de la terrible histoire d’Emilie Monk qui était, elle aussi, harcelée et poussée à bout par ses camarades de classe à cause de son végétarisme.

Insultes, moqueries, crachats et même violences physiques rythmaient son quotidien scolaire à Lille.

N’en pouvant plus, cette très brillante élève de 17 ans qui voulait devenir vétérinaire avait fini par se suicider en se jetant du balcon de sa chambre, en décembre 2015.

Son histoire est à découvrir dans son journal intime édité sous forme de livre.** Tous les droits de cet ouvrage sont reversés à l’association «Les Parents», qui lutte contre le harcèlement scolaire, ainsi qu’à L214, association de protection animale que soutenait Émilie.

Si vous êtes victime de harcèlement scolaire, prenez contact avec l’association d’aide de votre région.

*Un coroner est, dans les pays de culture anglo-saxonne ainsi qu’au Japon, un fonctionnaire chargé, au nom de la Couronne (d’où le nom), d’enquêter sur les circonstances d’un décès violent, obscur ou qui semble le résultat d’un crime, et d’en déterminer la cause.
**«Rester Fort», Emilie Monk (Editions Slatkine et Cie, 128 pages, 9,90€)

Retrouvez toute l'actualité sur les alternatives végétales sur notre page Facebook.

un commentaire

  1. Hélas il est des souffre-douleurs qui ne parviennent pas sortir du harcèlement qu’on leur inflige. Cette période de la vie (le collège) est assez immonde […]. C’est triste qu’un jeune plus mâture que les autres se suicide à cause d’eux. Il faut que le temps lui ait semblé interminable pour qu’il n’imagine pas pouvoir sortir de là un jour…. 😦
    K&M

    Aimé par 1 personne

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